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Romans en lignes : Presents De Deux Guerriers : Present de deux guerriers
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Présents De Deux Guerriers

Présent de deux guerriers

Le texte suivant est un extrait du récit épique d'Ohm-Aìr, un troubadour Sylphelin relatant l'attaque lancée par les humains du royaume de Landis sur la ville de Kabar, une ancienne cité de Cara Fahd. Le récit a probablement été écrit aux environs de 430 TH.

B'Rigga Duun, archiviste à la Grande Bibliothèque de Throal.

 







Ils étaient vaillant au combat les Humains de Landis, menés par Nector pasteur de troupes, champion de Zarina la Reine. Et les Orcs de Cara Fahd eux aussi étaient vaillant au combat, menés par Rajax aimé de Thystonius. Le siège de la Sainte Kabar se poursuivi toute la journée. Les phalanges humaines piquaient la cavalerie orque, et la cavalerie orque chargeait les phalanges humaines. Et partout les morts s'étalaient. Et partout le sang sur la terre se répandait. Au crépuscule ce fut le héros Theosius fils d'Eneios qui tomba sous ses armes, terrassé par la terrible pique de Ramokishta fils de Kahr-Stak, et l'ombre voila ses yeux. Son cousin Philomin fils de Diorée tira son cadavre vers l'arrière pour que Orcs ne le dépouillent pas de ses belles armes. Puis il vengea la mort de son cousin chéri par un trait qui atteint Ramokishta à la tempe. Ainsi expira Ramokishta fils de Kahr-Stak.
Alors que la froide nuit s'avançait, au sol se trouvait lanciers et cavaliers, unis dans une même mort. Alderamin le Sage, conseiller et héraut de Nector aux yeux de jais, parla alors en ces termes :
« Nector aux yeux de jais, brave parmi les braves, écoute le conseil que te dicte la sagesse de mes années. Accueille la nuit comme un bienfait. Ta force est sans égale parmi ton peuple, mais tes soldats, eux, meurent et souffrent. Accepte et propose de finir là les combats, et demain, de reprendre la bataille en défiant Rajax aimé de Thystonius. Et si les Passions nous accordent la victoire, les Orcs eux auront peur, car leur chef sera tombé, et fuirons leur belle ville de Kabar. Et si les Passions nous privent de la victoire, les Hommes auront peur, car leur chef sera tombé, et fuirons vers leurs terres. Allons, Nector pasteur de troupes, prend pitié de tes hommes. »
Il dit, et Nector aux yeux de jais écouta. Il s�avança entre les lignes, et tendit sa lance par le milieu. Rajax le belliqueux reconnu le signe de la trêve et à son ordre, les orques cessèrent la charge. Nector parla ainsi :
« Rajax chef des Orques, écoute mes paroles, et ma proposition. Cessons là les combats et brûlons nos morts. Nos hommes ont assez souffert. Je te propose de finir là les combats, et demain, de reprendre la bataille toi contre moi. Et si les Passions nous accordent la victoire, les Orcs eux auront peur, car leur chef sera tombé, et fuirons leur belle ville de Kabar. Et si les Passions nous privent de la victoire, les Hommes auront peur, car leur chef sera tombé, et fuirons vers leurs terres. Telle est ma proposition. »
Alors Rajax aimé de Thystonius regarda ses Orques, regarda ses chevaux, et il parla ainsi :
« Nector, humain puissant parmi les humains, tes paroles sont justes. Accueillons la nuit et brûlons nos morts. Demain à l'aurore, toi et moi nous affronterons, et les Passions décideront. » Et Rajax sourit car il se savait aimé de Thystonius, et fidèle questeur. Humains et Orques se séparèrent, et moitié des humains allèrent au bois, et moitié des humains rassemblèrent les cadavres en pleurant ; et moitié des orques allèrent au bois, et moitié des orques rassemblèrent les cadavres en pleurant. Et les morts furent honorés. Et la mort fut honorée.
La nuit passa, et au matin, Nector aux yeux de jais se coiffa de bronze et se ceint de pourpre. Et Rajax le belliqueux enfila son armure et brandit lance et bouclier. Aux premières lueurs les héros se firent face, et se fut Rajax le belliqueux, au bras guidé par Thystonius, qui frappa le premier. De son bras long et puissant il lança sa pique, que bloqua le bouclier de Nector, en le faisant toutefois voler aux éclats. Et la pointe toucha le ceinturon pourpre qui stoppa le jet mortel. Nector ne fut qu�égratigné et un sang noir se mit à couler. Ce fut au tour de Nector d'y aller de sa lance, qui heurta avec violence le bouclier épais de l�Orque Rajax, sans toutefois le traverser. Alors avec violence Rajax bon pour le cri de guerre s'élança contre Nector aux yeux de jais, et tout deux s'affrontèrent à l�épée. Nector était bien meilleur épéiste que ne l'était Rajax, mais l'orque avait un bouclier, et son bras était guidé par l�énergie et la réjouissance de Thystonius. Et malgré son talent, Nector mit un genou en terre, après qu'une demi-journée de combat ce fut passée.
Emu par le spectacle d'un tel courage, Mynbruje qui regardait la bataille intervint, car la Passion se dit à elle-même que puisqu'une de ses soeurs oeuvrait d'un côté du combat, il saurait juste qu'une autre assista le côté opposé. Alors Mynbruje intercéda auprès de sa soeur Garlen, protectrice des foyers et guérisseuse, pour que Nector recouvre de ses blessures et sa force. Et Garlen accepta, et apaisa Nector pasteur de troupe qui du coup se releva et reprit le combat, qui du coup dura encore une demi-journée. Et la froide nuit arriva, que les deux combattants s'affrontait toujours. Rajax tranchait pourtant, avec son épée à clou d'argent, mais toujours Garlen la protectrice vers son ceinturon pourpre déviait la mortelle lame. Nector frappait pourtant, mais toujours Thystonius gardait intacte l'énergie et la vaillance du belliqueux Rajax.
Mynbruje qui observait toujours la bataille parlait alors ainsi à ses s�urs les Passions Garlen et Thystonius :
« Mes soeurs, mes amies, toutes deux avez prouvé votre valeur et votre ardeur et votre gloire est égale ; il serait lors injuste qu'un de vos deux champions l'emportent. Plaçons dans chacun d'eux la part égale de l'autre, afin que chacun mesure en quoi son adversaire est comme lui, et laissons le coeur des hommes et le coeur des orks décider du reste. » Elle dit, et ses soeurs approuvèrent. Et toutes trois placèrent dans chacun des héros la part égale de l'autre, afin que chacun mesure en quoi son adversaire était comme lui. Et le coeur de l'homme fut comme le coeur de l'orc. Les deux cessèrent de se battre, épuisés, et guidés maintenant plus que par leur coeur et leur corps souffreteux. Alors Rajax aimé de Thystonius dit :
« Nector, toi qui est, parmi les humains, aussi fort qu'un orque aimé de Thystonius, je te considère comme mon égal par la force et la vaillance. Cessons là ce combat, et cette ville, laissons la aux orques et aux humains tous ensemble, égaux en nombre et en force. » Et Nector champion de Zarina la Reine répondit :
« Rajax, toi qui parmi les orques sait faire taire ton gahad, je te considère comme mon égal par la sagesse et la technique. Cessons là ce combat comme tu le proposes, et cette ville, laissons la aux humains et aux orques tous ensemble, égaux en nombre et en force, et retournons l'un et l'autre servir nos Seigneurs respectifs. Mais donnons-nous l'un à l'autre des présents glorieux, afin que chacun dise, chez les Humains et chez les Orques : certes ils se sont battus pour la discorde qui dévore le coeur, mais ils se sont séparés d'accord et amis. »
Ayant dit, il donna son ceinturon, brillant de pourpre ; Rajax donna son épée à clous d'argent, avec le fourreau et le baudrier bien coupé ; et les deux se séparèrent réjouis.

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