Publié : 1
Romans en lignes : Presents De Deux Guerriers : La Colline Malodorante
logo de Autres Univers - Romans en lignes

Valid XHTML 1.0 Strict

Autres Univers - Presents De Deux Guerriers : La Colline Malodorante


Présents De Deux Guerriers

La Colline Malodorante

Ce qui suit est un extrait du journal d’un aventurier T’skrang nommé Kth’hulan. J’ai eu beaucoup de difficultés à comprendre l’écriture hésitante du T’skrang, bien que le style soit assez bon. Il apparaît que le T’skrang soit le dernier survivant d’un groupe composé de Kth’hulan ainsi que de deux nains, d’une elfe et d’un ork. Le groupe a été décimé lors d’une rencontre avec un groupe de vouivres au sud des jungles de Liaj.. Le récit est daté du 9 de Rua 1494, mais fait références à des évènements s’étant déroulés quelques jours auparavant.

- Furlan Solus, apprenti scribe à la Grande Bibliothèque de Throal.

 




Je suis toujours sous le choc de cette rencontre affreuse. Comment cette… chose… peut-elle encore se prétendre un membre de ma race ? C’est incroyable… Mais je dois commencer par le commencement…
Mes blessures me faisaient ressembler à un hareng saur et je sentais ma dernière heure venir dans ce coin perdu loin de mon niall. Mais je n’avais guère le choix : derrière moi,
le désert de la désolation, devant moi, les monts Delaris, et sur ma gauche, cette maudite jungle. A tout prendre, autant tenter ma chance vers les monts, j’aurai au moins une opportunité de trouver un cours d’eau.
Et effectivement, mes efforts furent récompensés puisque j’aperçu bientôt ce qui ressemblait à une palissade, à environ une journée de marche. J’avançais donc mais bientôt, une atroce odeur de pourriture me parvint. Au fur et à mesure que j’avançais, cette odeur putride s’intensifiait. Je parvins à distinguer, par delà la palissade en forme de U un village, et au-delà de ce village, une colline au-dessus de laquelle semblait se tenir une batisse.
Je parvins aux portes de la palissade à la nuit tombée, épuisé, blessé, avec mon sang qui battait à mes tempes… Et cette odeur…
Des villageois durent me recueillir car lorsque je repris mes esprits, j’étais installé près d’un bon feu de cheminée, et un homme bien en chair m’apporta un bol de soupe. Après m’être repu, je jetai un œil à l’assemblée, constituée d’humains, de nains et de quelques orks. Il y avait même un troll qui me regardait fixement d’un seul œil. Et ce détail attira mon attention, car j’eu l’impression que son autre œil étant… pendant en dehors de son orbite. Je reperdis conscience sur le coup. Lorsque je revins à moi, la salle était vide, et seules quelques braises rougeoyaient encore dans l’âtre. Quelqu’un m’avait couvert d’une épaisse cape en cuir et avait désinfecté mes plaies. Je me levais sans bruit. Pas de bruits de ronflements. Ce devait être une simple taverne, sans dortoir. Forcément. Qui aurait l’idée de se perdre dans un coin pareil ?
Alors que je me posais la question, j’entendis un cliquetis à l’extérieur de la taverne. Instinctivement, je cherchais un endroit où me cacher, mais à quoi bon redouter quoi que ce soit, ces gens m’avaient bien soigné. La porte de l’auberge s’ouvrit, et une haute silhouette se dessina dans son encadrement. Le troll borgne entra. Je pu alors constater qu’effectivement, son œil gauche pendait sur sa joue, dont la peau semblait tomber en lambeaux. A sa suite entra une silhouette drapée d’une cape au chef recouvert d’une capuche, de taille humaine. La forme parla d’une voie rauque : « Suivez-moi.
- Où allons nous ? répondis-je
- Rencontrer le maître des lieux, qui souhaite vous voir. »
Le ton de la voix était clair : la volonté du « maître des lieux » ne semblait souffrir aucune contradiction possible. Je suivis donc la nouvelle forme, m’abstenant de regarder l’œil pendant du Troll, qui m’emboîta le pas. Dehors, une pluie fine tombait, qui rendait l’odeur plus insupportable encore. Comment les gens de ce village pouvaient-ils vivre avec cela ? Nous rejoignîmes un nain dont l’une des jambes semblait atrophiée. Je me demandais vraiment qui cette bande d’éclopés pouvait-elle bien servir. Tout trois m’escortèrent vers le fond du village, et au-delà, vers la colline. De nuit, la bâtisse qui la surplombait, éclairée seulement par les quelques rayons de lune filtrant à travers les nuages, ressemblait à un château hanté issu des contes que nous racontent nos mères dans les veillées, bien avant kaissa. Et plus on approchait de la colline, plus l’odeur s’intensifiait. Je la reconnue finalement. C’était l’odeur de la mort, de cadavres en putréfaction.
Cela devenait difficilement tenable, mais le pire était encore à venir. Lorsque nous fûmes au pied de la colline, je me rendis compte qu’il n’y avait nul chemin pour atteindre le château, qui en fin de compte ressemblait plus à un manoir en ruine. Je me mis à gravir la colline et mes pieds s’enfoncèrent dans la boue. Du moins, je pensais que c’était de la boue. Avec le recul, maintenant, j’en tremble encore…
A un moment, mon pied glissa sur une surface humide, et je m’étalais de tout mon long. Jetant un œil à mes jambes, je vis un éclat métallique par terre, recouvert de boue. La curiosité m’envahit, et avant de continuer, je saisis ce bout de métal et tira. Il vint tout seul, d’un bloc. C’était un bouclier, un targe de bois cerclé de fer. Et là, je vis qu’une main était accrochée à ce targe. Une main tranchée. Je fus pris d’un instant de panique, tandis que l’ombre du Troll se dessinait au-dessus de moi. Je frémis. Je lança un regard autour de moi, et aperçu la pointe d’un casque sortant à moitié de terre ; et déjà, je distinguais une tête à l’intérieur de ce casque. Un peu plus loin, le corps à moitié décomposé d’un nain gisait, enchevêtré entre les jambes d’un cadavre d’elfe et les bras d’une orke, des bras sans thorax. Un charnier. J’étais sur un charnier. Une colline faite de cadavres. Mon estomac se souleva, et à l’humus et la chair en décomposition, je rajoutais les restes de ma soupe.
« Allons, le maître attend, debout.
- Que la mort l’emporte ! Louées soient les Passions, je ne ferai pas un pas de plus sur ce tas de cadavres. »
C’est alors que j’entendis le forme encapuchonnée prononcer quelques paroles, et je perdis connaissance. Je repris mes esprits dans une vaste salle, dépourvue de décoration. J’étais allongé sur une bergère. Devant moi, il y avait une grande table de bois dur. Je me mis sur mon séant, et vis alors que la salle continuait sur ma gauche, et qu’au fond de celle-ci, un trône surélevé ce dressait. De prime abord, ce trône me parut en ivoire ; mais je me ravisais bientôt sur la blancheur des marches : c’était des ossements. Le trône était entièrement fait en os. C’est alors que je le vis.
Il était tranquillement assis sur son trône. De toute évidence, c’était un T’skrang. Mais je n’en avais jamais vu de pareil. Sa peau avait du être olivâtre, mais maintenant, elle était par endroit si claire qu’elle en devenait presque transparente. J’avais ouïe dire d’une tribu de T’skrang vivant sous les monts de la chaîne de Throal que l’on nommait les Pales, et je me demandais si ce T’skrang en était un. On eut dit également que ses dents étaient couvertes de sceaux ou de runes. Alors, il parla. Sa voix était claire comme du cristal, et semblait venir de fin fond des âges. Je fus terrifié.
« Mon nom est Malek Deathrider. Narres moi l’histoire des contrés d’où tu viens, et je te narrerai la mienne. »

Il s’ensuit toute une partie narrative en T’skrang que je n’ai pu totalement traduire, car Kth’hulan employa un patois local de Trosk, laissant supposer son origine sud-Barsaivienne. Toutefois, je pense pouvoir affirmer sans me tromper que le dénommé Malek Deathrider lui aurait dit avoir près de cinq siècles d’existence, et que sa maîtrise de la discipline de Nécromancien lui aurait conféré un absolu contrôle sur la vie et la mort. Il posa apparemment beaucoup de questions sur la politique de Barsaive, sur les incursions Théranes, et sur l’avancée des fils du Dragon, une allusion qui me laisse tout aussi perplexe que Kth’hulan. Une fois sa curiosité satisfaite, le T’skrang a la peau claire permit à Kth’hulan de prendre congé après avoir fait disparaître ses blessures d’un tour de main.

Autres Univers - rédaction et publication de romans en ligne.
Copyright 2007-2010 (version logiciel 1.0.2) - Laurent Delépine pour Autres Univers