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La paysanne
Sernos
Vingt ans plus tôt
Chapitre 18
Sernos
20 ans plus tôt.
Son amitiée avec Celtis permis à Deirane de decouvrir certains coins de l'ambassade dont elle ignorait l'existence. Etant toujours restée dans la cours et ses dépendances, elle n'avait pas découvert les bassins. Situés près de la villa, en bordure du fleuve un immense plan d'eau avait été aménagé. Il était parsemé d'îles qui le subdivisaient en petits lacs reliés par des canaux. De ponts permettaient d'aller d'une île à l'autre. Elles étaient toutes bordées d'une plage de sable et les plus grandes comportaient un petit bosquet d'arbre au centre. L'endroit était alimenté par les ruisseaux qui descendaient des montagnes, totalement depourvue des poisons qui coulaient dans le fleuve. Comme elle était un peu froide, les helarians avaient construit un ingénieux système pour la réchauffer : avant d'arriver dans les bassins, elle coulait en mince filet sur une esplanade noire qui captait la chaleur du soleil.
Normalement, l'endroit avait été construit à l'usage des résidents de l'ambassade. Mais les gamins de la ville n'avaient pas tardé à le découvrir. Les gardes avaient fermé les yeux sur leur invasion. Leurs cris de joie lors de leurs ébats donnaient un peu de vie aux lieux. Au tout début, dès qu'elle avait pu marcher, Jergen avait conduit Calen aux bassins. Les gamins avaient trouvé en elle une compagne de jeu toujours disponible. Sa cécité lui interdisait de nager sans surveillance, mais elle mettait un point d'honneur à faire de l'exercice tous les matins pour conserver la forme. Les enfants se disposaient chacun à l'extrémité de son trajet et l'appelaient. Elle s'orientait sur leurs cris. Celtis avait confié à Deirane que dans leur lointain archipel tropical, les dauphins se chargeaient de la même tâche. Sauf que si les gamins prenaient leur travail très au sérieux, les dauphins avaient tendance à chahuter un peu et qu'elle buvait la tasse plus souvent qu'à son tour.
Le plus souvent, Satvia était présente aussi. Mais bizarrement, alors que l'eau aurait pu compenser son handicap, elle préférait rester sur la berge la plus extérieure. Elle était donc loin à l'ecart. Cela soulageait Deirane tant la grande stoltzin, lui faisait peur. Mais elle avait fini par repartir. Le conclave qui l'avait fait quitter sa patrie du sud était terminé. Son oncle était resté en arrière pour s'occuper de son aimée pendant sa convalescence. Mais Calen et Jergen avaient finis par partir à leur tour, lui dans son royaume de Shacand et elle dans son île tropicale d'Ystreka.
Deirane avait néanmoins continuer à fréquenter l'endroit, y venant le plus souvent possible, soit avec Saalyn, soit avec Celtis, le plus souvent avec les deux. Et les mois passèrent. Son ventre s'arrondit, ses seins gonflèrent. Les fils d'or au début résistèrent un peu, puis ils se détendirent, mettant fin à toutes ses angoisses.
Ce jour là, Deirane était allongée sur une plage de sable en bordure du plus grand plan d'eau. A ses côtés, Saalyn et Celtis lézardaient au soleil. Les trois femmes profitaient d'une acalmie dans la pluie qui tombait depuis quelques semaines. Les pluies de feu étaient rares à Sernos, mais elle n'y étaient pas inconnues. Un petit bassin couvert avait été aménagé pour s'en protéger. Il était spécialement étudié pour éviter toute contamination par les poisons qui pourraient polluer l'eau du bassin principal. En particulier, son niveau était surélevé de quelques doigts de façon à ce que le courant aille dans un seul sens.
Volcor les avait accompagnées. Il avait pris comme pretexte que Deirane pouvait avoir besoin de lui. Mais en réalité, c'étaient toutes les jeunes stoltzint qui venait se baigner qui l'interessaient. Amusée, Saalyn le regardait entreprendre avec un succés mitigé une jeune naïade. Les cicatrices de la stoltzin avaient finie par disparaitre, deux mues les avaient totalement effacées. Sa beauté redevenue intacte lui valait de nombreuses avances, mais elle les repoussait toutes, ne désirant aucune aventure. Même Volcor avait essayé. Mais cela n'avait rien d'anormal, seule Celtis echappait à sa convoitise. Cela était etrange d'ailleurs, vu que le lien entre frère et soeur n'était pas interdit pour les stoltzt. Le seul tabou que ce peuple respectait était celui entre parents et enfants. Et encore
En fait, il n'était pas tout à fait vrai de dire que Saalyn était indifférente aux hommes. Son disciple Öta avait annoncé sa venue prochaine. Il serait là après la saison des pluies en Helaria. Cela n'était l'affaire que de quelques mois. Et depuis la guerrière était plus excitée qu'une puce. Elle était prête à reprendre le travail. Et d'autant plus motivée pour retirer de la circulation les tortionnaires, esclavagistes et autres monstres de tout poil.
«Deirane tu es parmis nous ? demanda Celtis.
-Pardon ? répondit l'interessée.» La stoltzin, lui parlait en effet depuis un moment, mais Deirane, perdue dans ses pensées n'avait pas écoutée. «Je te demandais ce que tu pensais du match d'hier.» La veille en effet, un match de camcam avait opposé les Helarians aux Yrianis. L'esplanade derrière l'ambassade pouvait à l'occasion être aménagés en terrain de jeu où diverses équipes se rencontraient dans des épreuves sportives. Le camcam se jouait entre deux équipes de douze personnes sur un terrain délimité par une ligne à chaque extrémité. Chaque équipe possédait une ligne de but, elle devait mener le ballon au dela de celle de l'adversaire tout en protégeant sa propre ligne. Quand les helarians jouaient entre eux pour le plaisir, il n'y avait qu'une seule regle : ne pas blesser un autre joueur. Mais dans les matchs officiels, les parties étaient très codifiées, la taille du terrain, les coups autorisé, le décompte des points, le nombre de manche et la disposition des joueurs au début de chacune d'elle ; tout était spécifiée dans la charte du camcam.
Ce jeu était très ancien. Il était déjà populaire aux temps lointains du Vornix. Les Feythas eux mêmes en étaient friands, en tant que spectateurs. Ils l'avaient bien sur modifié selon leurs goût. Soixante ans après leur disparition, les bracelets de forces, les chaussures à clous, les couteaux et l'exécution du meneur perdant avaient été supprimé des stades. Mais cela restait un jeu violent où il n'était pas rare que quelques joueurs finissent la partie sur une civière.
Au début, fidèle à sa coutume, l'Helaria avait présenté des équipe mixtes. Mais les plaquages virils, les blagues graveleuses et les attouchements prétendument amicals avait finis par écoeurer les femmes. Elles avaient demandée, une grande première dans l'histoire de la pentarchie, à avoir leurs propres épreuves face à des équipes de leur sexe.
La partie de la veille était un match amical. Cela veut dire qu'il ne faisait pas partie d'une compétition (sinon il se serait déroulé dans le cirque) mais juste que les deux équipes voulaient se mesurer l'une à l'autre. Dans ce genre d'epreuves les regles étaient largement assouplies et les maillots tombaient souvent avant la fin de la partie. Soi disant à cause de la chaleur. Mais il valait mieux voir là l'effet de la présence des femmes qui assistaient nombreuses à ces exhibitions.
La veille, Celtis avait remarqué un joueur. Et pour le soir, elle était en train d'arranger une rencontre fortuite. Une rapide enquête lui avait permis d'apprendre que c'était un commerçant qui venait d'ouvrir sa boutique. Il vendait des tapisseries, ce qui expliquait son corps superbe. Les pièces les plus lourdes pesaient leurs poids et leur manipulation sculptait des muscles d'acier sans hypertrophie excessive. Un gros avantage des stoltzt sur les humains, à taille égale un stoltzt était plus fort.
Deirane poussa un cri. De surprise plus que de douleur. «Que se passe-t-il, demanda Celtis.
-Une douleur, au ventre. Comme une contraction.
-C'est grave, demanda Saalyn, d'un air inquiet.
-Non, je ne crois pas, je crois... Je crois que le moment est arrivé.
-Il faut rentrer, dit Celtis.
-Je crois oui, répondit Deirane.» Saalyn aida Deirane a se mettre debout. Celtis appela Volcor.
Le stoltzen quitta la jeune femme qu'il entreprenait et rejoignit le bord pour venir aux nouvelles. «Deirane va accoucher, expliqua Celtis.
-Accoucher, mais quand ?
-Maintenant.
-Mais ici ? Tout de suite ?
-J'ai un peu de temps devant moi, je n'en suis qu'aux premières contractions, répondit Deirane.
-Tu as le temps de rentrer à la villa.
-Largement.
-Et tu as besoin d'aide ?
-Volcor, l'interrompit Saalyn, on dirait que c'est la première fois qu'une de tes connaissances accouche.
-Pour les humaines, oui, répondit Volcor, la plupart de mes conquêtes sont des stoltzint.
-Deirane, une de tes conquête, tu te surestimes petit frère, riposta Celtis.» Une nouvelle contraction de Deirane les interrompit.
Volcor et Saalyn semblait inquiets. Mais pas Deirane. Pas pour ça. Elle tourna la tête vers la villa, a trois cents perches de là. «De l'aide ne serait pas de refus, dit elle, je peux marcher, mais là ça fait loin.
-T'inquiêtes pas, l'étalon entre en action.
-L'étalon, releva Saalyn.
-Une monture mâle, c'est bien un étalon, riposta Volcor.
-Tu as largement démontré que tu n'étais pas un hongre, lança Saalyn. » Il prit délicatement Deirane dans ses bras. Elle s'accrocha à son cou. «Dis donc, tu n'es pas bien grande mais tu es lourde mine de rien.
-Nous sommes deux, répondit Deirane, légérement vexée.
-On y va.
-L'étalon est prié de ne pas trop secouer sa cavalière, dit Deirane.
-Ne t'inquiètes pas, je serais si doux que tu ne t'apercevras même pas que je me déplace.» Il fallu quelques stersihon pour ramener Deirane dans sa chambre, à l'étage des domestiques.
Saalyn avait fait un détour par la ville pour ramener la sage femme. Quand elle rejoignit l'appartement de Deirane, un attroupement s'était formé devant sa porte. Tous les domestiques de repos attendaient la suite des évènements. Les humains avaient tendances à se regrouper entre eux en Helaria et peu de stoltzt avaient assisté à une naissance. Certains n'avaient jamais vu de bébé humains.
Alors qu'elle essayait de se frayer un chemin dans la foule - incroyable qu'il y ait tant de personnes inoccupées, pensa-t-elle - elle tomba sur Velnim, la plus ancienne résidente en poste à l'ambassade, avant même Tresej. «Qu'est ce qu'elle a encore trouvé pour se rendre interessante, demanda-t-elle.
-Deirane accouche, répondit sechement Saalyn.
-Oh.» De toute évidence, Velnim se preparait à deblaterer sur Deirane. Quand la jeune humaine était arrivée, la stoltzin l'avait aussitôt prise en grippe. On ne savait pas trop pourquoi, mais de toute façon Velnim n'était pas très aimée à l'ambassade. Le fait qu'elle soit bloqué à Sernos depuis cinquante ans devait y être pour quelque chose. Sa présence loin de la métropole ressemblait fortement à un banissement. Ce qu'elle avait fait était confidentiel, seul Tresej devait savoir. Mais pour que la punition dure aussi longtemps, ça devait être grave.
L'aménagement de l'appartement avait été modifié à cause de la grossesse de Deirane. Son lit avait été descendu de la mezzaine ; ce qui lui évitait de monter une echelle trop raide pour son état. L'humaine s'y était allongée, Celtis s'était assise à ses côtés. «La sage-femme se tiens prête, annonça Saalyn, on devra aller la chercher quand les contractions ne seront plus espacées que de quelques stersihons. Mais elle a dit de la faire marcher en attendant.
-Elle a dit combien de temps ça prendrait, demanda Celtis.
-Elle dit que pour une primipare ... une femme qui met au monde son premier enfant, il faut compter une journée entière.
-Une journée ! Je préfère notre méthode. Un mois d'incubation, douze stersihons de ponte et après tranquille pendant sept mois pendant que l'oeuf mûrit dans le couvain.
-Veinarde, lui lança Deirane.
-On fait quoi en attendant, demanda Saalyn.
-Si ça dure une journée, il va falloir trouver des choses à faire.
-Tu ne pourrais pas me jouer quelque chose, demanda Deirane.
-Tu veux de la musique ?» Deirane hocha la tête. «Je vais chercher mon instrument.»
La guerrière quitta de l'appartement. En sortant, elle se tourna vers les gens qui s'entassaient devant la porte. «Vous n'avez rien d'autre à faire, demanda-t-elle. On n'est pas au spectacle ici.» Les spectateurs commencèrent à partir, doucement. Après un bref passage pas sa chambre, Saalyn remonta avec son usfilevi.
L'usfilevi, litteralement la corde qui chante était constitué d'une caisse en bois prolongée par un manche. La musique était produite par des cordes. La main droite grattait les cordes pendant pendant que la gauche les pinçaient sur le manche pour changer la hauteur de la note. A partir de ce schéma de base, les variations étaient infinies. Certaines avaient une caisse creuse et épaisse avec une ouverture sous les cordes et s'utilisait assis, d'autres plus fines étaient en bois plein étaient manipulées debout. Le nombre de corde lui même variait de quatre à douze. Et la tonalité variait selon les modèles d'une basse très grave à un aiguë très élevé. Celui que Saalyn avait choisi était le modèle dit classique : une caisse creuse resserrée au centre pour bien la caler sur un genoux, sa forme évoquait vaguement une silhouette féminine.
Elle accorda son instrument à l'oreille. Puis entama une ballade douce qu'elle estimait en accord avec l'état de Deirane, pendant que Celtis aidait la future maman à faire quelques pas en rond dans la chambre.
Le soir tombait quand la sage femme arriva. Si la nouvelle venue était impressionnée par l'endroit, elle ne le montrait pas. Elle avait bien minuté son coup, puisque les contractions s'était rapprochées au point que leur espacement étaient à peine supérieur à leur durée. Deirane s'était finalement allongée sur le lit en l'attendant. Elle examina la jeune fille. «Alors ? demanda Saalyn.
-Tout va bien, continuez à jouer. Il faudrait aussi que quelqu'un aille me préparer une bassine d'eau. De l'eau tiède.
-Je m'en occupe, dit Celtis.
-Demandez à quelqu'un et revenez de suite.
-D'accord.» Deirane regarda son amie disparaitre avec inquiétude. Mais la stoltzin resta absente si peu de temps qu'elle ne resta pas angoissée bien longtemps. Saalyn posa son usfilevi et la rejoignit afin de la soutenir.
La façon dont la sage femme prit les choses en main, l'assurance qu'elle manifestait, rassura Deirane. Celtis ne semblait pas effrayée par l'évènement en cours. Elle aidait son amie à conserver la position conseillée par la sage femme. Saalyn, par contre, était livide. Elle lui tenait la main, c'était le mieux qu'elle pouvait faire.
A l'entrée, l'attroupement s'était reconstitué. Même Trezej était là. La plupart étaient anxieux, mais ils faisaient tout pour que la jeune femme ne s'en rende pas compte. Deirane était consciente de leur présence, malgré leur silence relatif. Se savoir soutenue par tant de monde fit presque disparaitre ses angoisses, même si elle ressentait de la gêne de recevoir tant d'attention.
Les helarians ne s'étaient pas poussés bien loin. Ils avaient reflué jusqu'à la salle de détente et attendaient les nouvelles. Quand ils entendirent le premier cri du nouveau né, ils tournèrent tous la tête vers la porte., même cette vipère de Velnim. Volcor se leva. « Tu nous ramènes des nouvelles, dit une voix féminine. » Le jeune stoltzen se tourna pour identifier son origine. C'était une cuisinière qu'il trouva très mignone. Il lui fit son sourire le plus enjoleur. « Je n'y manquerais pas, répondit il. » Il s'engouffra par la porte pour rejoindre ses amies.
Saalyn deposa délicatement l'enfant sur la poitrine de Deirane. Aussitôt, il cessa de s'agiter. Deirane le regardait, émue. Elle lui déplia les doigts, les comptant, n'arrivant pas à croire que tout était normal. Il était si petit. «Comment vas tu l'appeler ? demanda Celtis.
-Hester, répondit Deirane.
-Ce n'est pas un nom Yriani, remarqua Saalyn.
-Qu'importe, il me plait.» La jeune fille se désinteressa de ses amies pour s'occuper du nouveau né. Il était en train de s'endormir.
La sage femme recouvrit Deirane et son enfant d'un drap. «On va laisser la mère se reposer un moment, dit elle.» Elle poussa tout le monde dehors. Deirane retint Saalyn par la main. La stoltzin s'allongea sur le lit, à coté de la jeune mère. Elle les enlaça tous les deux. Deirane ne tarda pas à s'endormir.
En sortant, la sage femme jeta un coup d'oeil dans la salle de bain. Tant de commodité pour une simple domestique la ravit. «Vous n'auriez pas besoin d'une sage femme à plein temps, demanda-t-elle.
-Ça il faut demander au grand monsieur là bas, répondit Celtis.» Du doigt elle désigna Trezej qui allait à contre-courant de la foule pour les rejoindre. «Helas, nous avons peu de naissance ici, répondit-il.
-Dommage, on doit se plaire ici.
-Vous pouvez vous installer ici. Mais pas en tant que sage femme.
-Je ne sais rien faire d'autre.
-Et ce serait une perte pour les futures maman.» Il sortit une bourse de sa poche. « Tenez, voici la somme convenue, plus un petit supplément pour le déplacement.» Il laissa tomber dans sa main un tas de petites pièces. «Je pense que des pièces d'un dixième de cels seront plus pratiques pour vous.» Elle les compta rapidement. «Un cel complet, vous êtes généreux.» Trezej la remercia d'un hochement de tête. «Désirez vous que quelqu'un vous raccompagne ? demanda-t-il.
- Je n'ai pas fini. La mère doit reprendre un peu de force pour être délivrée.
- Pas encore ? Combien de temps.
- C'est son premier enfant. Un demi monsihon. Peut être moins, elle est forte.
- Deirane forte ! Elle est toute menue.
- Ce n'est pas de ce genre de force que je parlais.»
La sage femme retourna dans la chambre pour veiller Deirane. Elle s'était endormie contre son amie, son bébé bien au chaud entre elles. Au passage elle remarqua une boule de poil qui s'était blottie contre la guerrière, dans le creux de ses jambes repliées. Un chat découvrit elle avec horreur. Elle detestait ces animaux, elle les trouvaient vicieux et égoïstes. Elle se demanda où il avait bien pu se cacher pendant l'accouchement, elle ne l'avait vu nulle part. Mais elle n'était pas chez elle, il ne lui appartenait pas de critiquer les choix de l'occupante des lieux. Aussi elle ne dit rien. Elle contourna le lit d'assez loin pour s'installer dans un fauteuil confortable placé juste à côté de la fenêtre. Puis elle sortit le tricot qu'elle avait apporté pour s'occuper les mains.
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