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Romans en lignes : Quand la croix flambera : partie 2
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Autres Univers - Quand la croix flambera : partie 2


Quand la croix flambera

partie 2

Bien sûr, la vie de lycéen est la même dans tous les pays, sûrement même dans toutes les circonstances. Bien sûr, le fait qu'il y ait un français au pouvoir au lieu de cet immonde furher ne changerait sûrement pas la lourdeur du programme ou encore la corvée de se lever le matin. Mais peut-être Ulrich se lèverait-il avec le sourire, au moins au début. Et même, certains cours perdaient de leur intérêt et bien souvent se révèlaient particulièrement indignant sous l'occupation.
Ce jour là , Ulrich était assis dans le bureau du directeur, devant l'imposant portrait d'Adolf Hitler avec pour légende le titre : "Le Furher Adolf Hitler, guide de la Nation (1889-1960)" Ses poingts se serrèrent automatiquement à la vue du visage du dictateur et la glaire se multipliait à une vitesse folle dans sa bouche, comme pour préparer l'agression au crachat.
Tandis qu'il sentait le liquide gluant s'agglutiner au fond de sa gorge, la voix du proviseur hurlaient des reproches qu'Ulrich ne s'attribuait pas, au point qu'il ne préférait même pas les écouter.

"Tu vas m'écouter petit voyou !! Sache que tu ne disposes en aucun cas du droit de discuter les programmes ! Tu n'es pas en cours pour choisir ce qu'il te plait d'apprendre ! Et ne te plains pas, le nouveau Furher a déjà suffisamment libéraliser le système scolaire, tu pourrais aussi bien finir dans un de ces camps de jeunesse !!"

BANG !!!Le point du proviseur venait de s'abattre sur le bureau métallique, faisant sursauter Ulrich qui détacha son regard haineux du tableau, laissant échapper un petit filet de bave au coin des lèvres.

"Tu vas m'écouter sale petit con, prononça la voix beaucoup plus calmement, mais dans une intonation autrement plus menaçante, sache que tu es ici dans MON école, dans MON lycée et que tu appliqueras les règles de la Nation comme JE l'entends. Le mépris n'est pas toléré au sein de mes murs..."

"...le mépris est la seule arme qu'il reste aux français, collabo de merde !"

Aussitôt le visage du proviseur se métamorphosa et Ulrich réalisa alors qu'il aurait mieux fait de prolonger son mutisme. Une demie heure plus tard, son père était dans le bureau du proviseur, et Ulrich, relégué au couloir, put lire sur les lèvres de son directeur qu'il venait "de proférer des blasphèmes graves", "d'insulter la nation de manière intolérable"... Rapidement, le père d'Ulrich sortit du bureau, le regard faussement furieux. Il leva haut la main et l'abattit sur le visage de son fils avec une violence non controlée. "Tu fais honte à ta famille !" grogna-t-il avant de l'attraper par l'uniforme et de le trainer dans le couloir sous le regard jubilatoire du proviseur qui semblait apprécier le chatiment.

Dans la voiture, Ulrich regardait son père, les larmes aux yeux, l'air incrédule. Celui ci évitait soigneusement le regard de son fils, observant distraitement la route avant de glisser timidement> "Désolé..."
Son fils ne répondant pas, il prolongea...

"Tu as été beaucoup trop loin fiston, beaucoup trop loin en le traitant de collabo de merde... Je suis de ton avis, mais nous ne devons pas le montrer... Tu le sais, nous le savons tous..."
"Je veux qu'il crève..."
"Soit patient. Son heure viendra... Au fait, tu as été viré de ton cours d'histoire, pourquoi ?"

Ulrich ne répondit pas, il se contenta de sortir de la voiture, et de rentrer dans la salle à manger où il déposa rapidement un livre ouvert sur la table. Le programme de la journée visiblement. Son père prit le livre alors qu'Ulrich montait dans sa chambre. Il commença à lire, c'était un chapitre d'histoire...

Alors que la Nation atteignait son apogée, sa pleine puissance, les pitoyables armées américaines tentèrent un débarquement suicide sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944. Ce fut sans compter sur l'habileté des tireurs allemands qui repoussèrent facilement les timides incursions adverses. Dès lors les armées américaines, conscientes de leur faiblesse et de leur incapacité à faire barrière à la juste montée du nazisme, renoncèrent à leur cause déplorable et acceptèrent leur infériorité. La résistance française s'estompa jusqu'à disparaitre totalement grâce aux mains de fer de la milice et des SS qui matèrent sans vergogne les traîtres français incapable d'obéir à leur gouvernement de Vichy. La survie du nazisme devint alors possible et Hitler montra au monde entier que personne ne pouvait entraver le juste déclenchement d'une juste cause.

Le père d'Ulrich laissa alors tomber le livre, le visage anéanti. Une larme coula le long de sa joue.


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